Camille Croué-Friedman est née à St Nicolas de Port le 21 juin 1890. Cette « enfant du pays » n’a jamais oublié sa terre natale. En rédigeant son testament le 2 décembre 1976, elle décide de léguer une partie de sa fortune à l’association diocésaine de Nancy « dans le but de reconstruire et d’entretenir la basilique, afin qu’elle retrouve sa beauté originelle ».

Camille naquit au 18 de la ruelle Jean Jaurés à St Nicolas de Port dans une famille modeste. En 1906, à l’âge de 16 ans, elle part aux Etats-Unis pour laisser ses trois sœurs et la pénibilité du travail des champs derrière elle.

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Elle atteint son rêve et est accueillie par les cousins d’Amérique. Elle réalisera des petits boulots, des gardes d’enfants, mais aussi connaitra la faim parfois, la solitude et le désespoir souvent. Puis, les cours de français donnés dans des familles fortunées, quelques figurations dans des films à Hollywood, lui permettront de s’élever socialement.
 
Camille reviendra dans sa ville natale avec plaisir pour revoir ses parents. Elle adorait son père au point de lui verser une rente pour qu’il puisse vivre plus aisément. Elle deviendra autonome et commencera à bien gagner sa vie en travaillant pour le compte de commerçants américains. Elle parcourra les maisons de couture de Paris pour « faire du business » disait-elle.
Très croyante, elle demandera à ses petites cousines : « priez pour que je me marie, allez de ma part à la basilique ».

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En 1935, Camille fait don d’un vitrail à la basilique « pour remercier Dieu d’avoir échappé à un naufrage » au large de l’île de Chypre. En effet, en 1933, au cours d’une croisière en méditerranée, elle fera partie des quelques naufragés.

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En 1939, à 49 ans, elle épousera à New York, Arthur Friedman, riche américain qui a fait fortune dans le pétrole. Il est le benjamin d’une riche famille juive de six enfants dont les parents alliés à la famille Rothschild, avaient fait fortune à Chicago dans l’impression de tissus.
 
Les époux Friedman, tout au long de leur existence, feront des dons à la basilique : chaises, chandeliers, restauration de l’autel patronal de saint Nicolas, etc …. Ils viendront en France chaque année ou presque. Arthur pour sa cure à Vichy et les animations musicales, Camille pour les thermes de Contrexéville.

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    Veuve en 1978, elle décède le 2 mars 1980 à hôpital Roosevelt à New York. C’est à l’ouverture de son testament que l’on découvre le dernier miracle de saint Nicolas : un leg de 7 millions de dollars.
     
    Plusieurs lieux dans la ville, honorent la bienfaitrice avec une place portant son nom, plusieurs plaques la remerciant de son don, mais également des représentations sous forme de vitrail et fresque.


    Dès 1983, un immense chantier de restauration de la basilique saint Nicolas s’ouvrit. Ce qui lui permis de retrouver une luminosité originelle après un nettoyage complet de toutes les poutres et des voûtes, permettant la réouverture de la grande baie du transept sud, la pose de nouveaux vitraux dans la grande verrière de l’abside centrale et le remplacement de l’orgue implanté dans le buffet de 1848. Les travaux se sont achevés en 2005. Ils ont été financés exclusivement par le fonds Camile Croué Friedman, sans aucune participation de l’Etat, ni des collectivités locales. Ce sont plus de 14 millions € de travaux qui ont été ainsi réalisés grâce au leg et ses intérêts bancaires.
     
    Merci Madame !
    (Vous retrouverez en illustration différents lieux et souvenirs de Camille Croué Friedman)

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