En 1501 Pierre Jacobi implante la première imprimerie
de Lorraine. Puis un canal de dérivation de la Meurthe
est creusé dès 1519 pour alimenter les moulins
et les foulons des drapiers, principale corporation de la
cité.
Mais les épidémies, la crise économique
et l'expulsion des protestants à la fin du XVI°
siècle entament le déclin de la cité
marchande. Pour faire face à ces fléaux, le
duc Charles III implante en 1582 des portes aux cinq entrées
de la ville, instaure en 1597 deux foires franches et fait
édifier en 1602 une nouvelle halle en pierre aux
dimensions plus modestes pour aménager la grande
place publique. Sur celle-ci sont condamnées plusieurs
sorcières. Et au début du XVII° siècle,
de nombreux ordres religieux s'installent sur de vastes
domaines : Les Annonciades, les Bénédictines,
les Dames de la Congrégation, puis également
les Bénédictins qui gèrent le pèlerinage
et les Jésuites qui tiennent le collège de
la ville.
Puis
au cours de la guerre de Trente Ans, en novembre 1635, la
ville dépourvue de fortifications est pillée,
saccagée et incendiée par les troupes françaises
et suédoises. Détruite aux deux-tiers et presque
déserte, elle reste en ruines pendant plusieurs décennies.
Sa reconstruction débute vers 1661 quand la Cour
Souveraine de Lorraine vient siéger à l'hôtel
de ville épargné par les flammes.
Saint-Nicolas-de-Port
devient le siège d'une prévôté
de 1698 à 1751. Devenue française en 1766,
la ville est choisie chef-lieu de canton en 1790. La Révolution
lui soustrait ses derniers trésors : toutes les matières
d'or, d'argent et de bronze contenues dans la grande église
et dans les couvents, vendus comme biens nationaux, sont
fondues. Sous le régime de la Terreur, les rues sont
renommées et la cité devient provisoirement
Port-sur-Meurthe.
Au
cours du XIX° siècle, la population croît
rapidement avec le développement de nouvelles industries
telles que les filatures et tissages, les brasseries et
l'exploitation du sel du sous-sol. Au lendemain de la guerre
franco-allemande de 1870, Saint-Nicolas proche de la nouvelle
frontière devient ville de garnison : le quartier
Félix Douay accueille le 4° Bataillon de Chasseurs
à Pied jusqu'en 1914, puis le 37° Régiment
d'Infanterie, et enfin le 30° B.C.P. de 1936 à
1939.
Epargnée
par le premier conflit mondial, la ville qui subit d'importants
dégâts lors des tirs d'artillerie du 19 juin
1940 est libérée de l'occupation allemande
le 14 septembre 1944. Enfin, avec la construction d'importants
lotissements de 1955 à 1990 (le Nid, quartier Prignet,
la Chêneraie) et malgré la fermeture des usines,
la population atteint aujourd'hui près de 7700 Portois.